19 octobre 2026 · Les Mounas
Plus grand que, plus petit que : le crocodile du marigot a toujours faim
Aujourd'hui, chez Les Mounas, on a appris deux petits signes : > et <. « Plus grand que » et « plus petit que ». Sur le papier, c'est facile. Ce qui est vraiment intéressant, c'est de comprendre à quoi ils servent dans la vraie vie. Parce qu'un enfant qui compare, c'est un enfant qui réfléchit, qui choisit et qui défend son point de vue. 🐊

La mini leçon : le crocodile du marigot
Au Burkina Faso, dans le village de Bazoulé, il y a une mare où vivent des crocodiles sacrés. Les habitants les respectent et vivent à côté d'eux depuis des générations. Chez Les Mounas, on a invité un de leurs cousins dans nos leçons de maths : Kroko, le crocodile du marigot.
Kroko a une règle très simple : il a toujours très faim. Alors il ouvre toujours sa grande bouche du côté du plus gros tas.
5 > 2: Kroko regarde le 5, sa bouche est ouverte vers lui. On lit : « 5 est plus grand que 2 ».2 < 5: Kroko regarde encore le 5, mais cette fois il est à droite. On lit : « 2 est plus petit que 5 ».3 = 3: les deux tas sont pareils. Kroko ne sait pas lequel choisir, alors il ferme la bouche et fait deux traits bien sages.
Trois astuces pour ne plus jamais se tromper
- La bouche mange le plus gros. Le côté ouvert du signe est toujours tourné vers le nombre le plus grand. Le côté pointu, la petite pointe, montre le plus petit.
- Le grand côté, le petit côté. Regarde le signe : d'un côté il est grand ouvert, de l'autre il est tout petit. Le nombre qui est du côté grand est le plus grand. Le nombre qui est du côté petit est le plus petit. Le signe se dessine comme il se lit.
- Les bras de Kroko. L'enfant tend les deux bras devant lui comme une gueule de crocodile. On montre deux tas de cauris ou de graines, et il « croque » le plus gros en refermant les bras dessus, avec un bon « CLAC ! ». Le corps retient avant la tête.
Petit bonus bilingue : en anglais, on dit greater than et less than. Avec la main gauche, le pouce et l'index forment un L : comme Less, et comme le signe < couché.
Dans la vraie vie, ça sert à quoi ?
C'est là que ça devient intéressant. Les signes > et <, ce n'est pas seulement pour le cahier. C'est une manière de regarder le monde.
- Au marché. Chez nous, les tomates, les piments ou les oignons se vendent souvent en petits tas. « Ce tas-là a 6 tomates, celui-là en a 4. Lequel Kroko mange ? » À 200 francs le tas, lequel est la meilleure affaire ? Les enfants qui accompagnent leurs parents au marché font des maths sans le savoir. Exactement comme nos ancêtres qui comptaient les cauris pour payer.
- À table. « Qui a le plus d'alloco dans son assiette ? » « Ton bol de riz est plus grand que celui de ta petite sœur ? » Comparer, c'est aussi apprendre à partager. Et à savoir quand c'est juste.
- Dans la famille. Le grand frère est plus âgé que la petite sœur :
8 > 4. Dans beaucoup de familles africaines, l'âge donne une place : on respecte l'aîné, on protège le cadet. Les comparaisons d'âge, les enfants les connaissent déjà par cœur ! - Dans la nature. Le baobab est plus grand que le manguier. L'éléphant est plus lourd que l'antilope. Chaque balade devient une occasion de comparer.
- Dans les émotions. « Ta colère est grande comme un éléphant ou petite comme une fourmi ? » Comparer aide l'enfant à mettre des mots et des tailles sur ce qu'il ressent.
Le jeu des 10 minutes : le festin de Kroko
Matériel : une poignée de cauris, de graines ou de pois, deux bols, et deux bâtonnets (ou deux crayons) pour faire la bouche de Kroko.
- Mets un nombre différent de graines dans chaque bol.
- L'enfant compte chaque bol, à voix haute, en touchant les graines.
- Il place les deux bâtonnets entre les bols pour former la bouche ouverte de Kroko, tournée vers le bol le plus plein.
- Il dit la phrase complète : « 7 est plus grand que 3 » ou « 3 est plus petit que 7 ».
- On inverse les rôles : c'est l'enfant qui prépare les bols, et toi qui dois placer Kroko. Trompe-toi exprès de temps en temps : il adorera te corriger !
Pour les plus petits (2-3 ans), pas besoin de signes ni de chiffres : on montre deux tas et on demande simplement « Où il y en a plus ? ». C'est déjà le début des maths.
Le savais-tu ?
Les signes > et < ont été inventés par un mathématicien anglais, Thomas Harriot, et publiés en 1631, il y a près de 400 ans. Mais l'idée de comparer « qui en a le plus », elle, est bien plus vieille : elle existait sur tous les marchés du monde, bien avant qu'on l'écrive.
Et chez toi ?
Où est-ce que ton enfant compare le plus : au marché, à table, avec ses frères et sœurs ? Comment s'appelle le crocodile de ta maison ? Raconte-nous sur WhatsApp.